Ballade sur les hôtes mystérieux de la forêt
Il chante encore, l'essaim railleur des fées, Bien protégé par l'épine et le houx Que le zéphyr caresse par bouffées. Diane aussi, l'épouvante des loups, Au fond des bois cache son coeur jaloux. Son culte vit dans plus d'une chaumière. Quand les taillis sont baignés de lumière, A l'heure calme où la lune paraît, Échevelée à travers la clairière, Diane court dans la noire forêt.
 De nénufars et de feuilles coiffées, La froide nixe et l'ondine aux yeux doux Mènent le bal, follement attifées, Et près du nain, dont les cheveux sont roux, Les sylphes verts dansent et font les fous. On voit passer une figure altière, Et l'on entend au bord de la rivière Un long sanglot, un soupir de regret Et des pas sourds qui déchirent du lierre : Diane court dans la noire forêt.
(Recueil : Trente-six ballades joyeuses)
|