• Tableaux sur les cathares

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    CATHARES
    envoyé par DAZIN

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     1167

          Concile cathare de Saint Felix de Lauragais (près de  Toulouse)
      Au cours de ce concile, présidé par l’évêque bogomile  Nicétas de Constantinople, l’Eglise cathare s’organise : création des  quatre évêchés cathares (Albi, Agen, Carcassonne et Toulouse).

      Le comte de Toulouse, Raymond V (1134-1194) adresse une  lettre à l’ordre de Cîteaux pour lui signaler le « développement  effrayant de l’hérésie cathare ».
     
     1194-1222

          Raymond VI, comte de  Toulouse
     Obligé de tolérer l’hérésie albigeoise à laquelle adhérent  nombre de ses vassaux, notamment le vicomte de Carcassonne et les comtesses  de Foix, il est mis en demeure par Innocent III de chasser les hérétiques de  son domaine.
     1204
    Concile cathare à Mirepoix
     Les cathares demandent à Raimond de Perella de fortifier le pog de Montsegur afin d'y trouver refuge.
     1206

          Début de la prédication dominicaine en Languedoc
      Echec de la campagne de prédication contre les cathares de  Dominique de Guzman et dom Diego, prieur d’Osma.

      Esclarmonde, sœur du comte Raymond-Roger de Foix, reçoit  le consolament à Fanjeaux.
     1207

          Excommunication du  comte Raymond VI
     Raymond VI est excommunié pour complaisance à l’égard des  hérétiques par le légat du pape Pierre de Castelnau, moine cistercien de  l’abbaye de Font froide.

     1208

          Assassinat du légat du  pape  Pierre de Castelnau près de  Saint-Gilles
      Le comte Raymond VI de Toulouse est désigné comme  l’instigateur de ce crime. Le pape nomme un nouveau légat : Milon.

      Innocent III ordonne alors à la noblesse française de  prendre la croix contre lui et charge l’abbé de Cîteaux, Arnaud Amaury de  lever la troupe des croisés. En exposant les terres du comte de Toulouse en  proie, le pape autorise tout seigneur catholique à s’emparer de ses biens,  domaines et possessions. Un seigneur languedocien ainsi dépossédé s’appelle  un faydit.
     1209

          Début de la croisade contre les Albigeois

      Prise de Béziers et de Carcassonne
     Par le jeu des alliances féodales, par conviction  religieuse, par goût de l’aventure, par cupidité pour la plupart, c’est une  armée de 5000 hommes qui descend la vallée du Rhône pour se retrouver le 22  juillet 1209 aux portes de Béziers.

      Raymond Roger Trencavel, vicomte de Béziers et  Carcassonne, refuse l’alliance que lui propose son oncle, le comte Raymond  VI. Ce dernier décide alors de négocier avec les croisés; il est contraint de  s’humilier publiquement au cours d’une cérémonie de pénitence et de se  croiser.

      Se retrouvant seul face aux croisés, Raymond Roger  Trencavel tente d’imiter son oncle. Arnaud Amaury refuse la tentative de  soumission du neveu.

      La prise de Béziers (la ville la plus importante après  Toulouse) et le massacre de ses 15.000 habitants sèment la terreur dans tout  le pays. C’est au sac de Béziers qu’Arnaud Amaury aurait répondu à un soldat  qui lui demandait comment faire pour reconnaître les catholiques :  « Tuez les tous, Dieu reconnaîtra les siens ! ».

      Un mois plus tard (du 1er au 15 août), l’armée  des croisés prend Carcassonne. Les habitants sont expulsés et les croisés s’y  installent. Simon de Montfort (1160-1218) est  désigné pour succéder au vicomte Raymond Roger Trencavel, capturé et meurt  dans les geôles de Carcassonne le 10 novembre à l’âge de 25 ans  (vraisemblablement assassiné). Le petit seigneur d’Ile-de-France devient  brusquement le « cerbère de Dieu ».

      A l’automne et après un assaut manqué contre le château de  Cabaret (Lastours), la plupart des croisés, une fois leur service accompli,  rentrent chez eux. Montfort se retrouve isolé et des seigneurs occitans en  profitent pour reprendre possessions de leurs terres.

      Les premiers cathares sont brûlés à Castres.
     1210

          Chute de Minerve, Termes, Puivert
     Avec le printemps, de nouveaux contingents de croisés  arrivent. Montfort investit l’un après l’autre les bourgs et les châteaux qui  abritent des cathares.

      En Juin-Juillet, la place-forte de Minerve est ainsi  livrée au pillage et 140 cathares y sont brûlés. A Bram, les croisés mutilent  une centaine d’habitants avant de les envoyer au seigneur de Cabaret. En été  et à l’automne, les châteaux de Termes et de Puivert sont assiégés et pris.

      Pendant ce temps-là, Arnaud Amaury entre à Toulouse pour  aider l’archevêque Foulques à remettre de l’ordre dans l’Eglise. Les  Toulousains divisés vont s’organiser en deux milices : la confrérie  blanche chargée de combattre l’hérésie et la confrérie noire créée par les  sympathisants cathares. Les rues de Toulouse deviennent le théâtre de batailles  rangées où les deux camps s’exterminent.

     
     1211-1212

          Le comté de Toulouse  est ravagé
     Le comte de Toulouse ayant montré peu d’empressement à  poursuivre les cathares, le pape le somme de se soumettre. Il refuse et  appelle ses vassaux à la révolte contre l’Eglise et son bras armé, le roi de  France. Fous de rage, les croisés reprennent leur guerre de conquête :

      Au printemps 1211, après la reddition de Cabaret, les  croisés s’attaquent aux possessions du comte. Ils prennent Lavaur, égorgent  80 chevaliers, brûlent 400 cathares et jettent vivante au fond d’un puits  Dame Guiraude la châtelaine de la ville. L’horreur est à son comble ! En  Juin, c’est le premier siège de Toulouse

      En 1212, les croisés ravagent à nouveau l’Albigeois, le  Quercy et l’Agenais ainsi que le comté de Foix laissant derrière eux  destructions, pillages, bûchers, avec la bénédiction de l’Eglise (massacre de  Moissac).

      Montfort s’en prend également aux communautés juives  obligeant pour la première fois dans l’histoire ses ressortissants à coudre  une rouelle sur leur vêtement.
     1213

          Bataille de  Muret : victoire de Simon de Montfort contre Pierre II d’Aragon et  Raymond VI de Toulouse.
     Les Toulousains font alors appel au roi Pierre II  d’Aragon : un état occitano-aragonais se dessine par dessus les Pyrénées.  Les armées toulousaines et aragonaises se rejoignent devant Muret (sud de  Toulouse).

      Inférieurs en nombre, les croisés parviennent néanmoins à  vaincre; le roi d’Aragon est tué, c’est la débandade : les Aragonais et  les Toulousains laisseront 15.000 morts sur le champ de bataille. Les croisés  entrent dans Toulouse en Septembre.
     1215

          Concile de Latran  (apogée de la théocratie papale)
     Deux ans après la bataille de Muret, le comte de Toulouse  perd ses droits en faveur de Simon de Montfort qui est confirmé en tant que  duc de Narbonne et comte de Toulouse.

      Raymond VI et son fils deviennent des  « faydits », des proscrits, chevaliers sans terre.

      La croisade menée au nom de l’Eglise est parvenue à ses  fins : elle a placé un homme sûr à la tête du comté de Toulouse et peut  désormais agir contre l’hérésie.

      Bûchers, massacres et pillages rendent exsangues les  terres soupçonnées d’hérésie. Malgré la solidarité de la population, les  croyants cathares doivent cacher leur foi et se dissimuler. Les  « maisons de parfaits » connues pour être des lieux de culte et de  travail ferment une à une. Le pays doit feindre la soumission à ses nouveaux  seigneurs
     1216-1219

          La « reconquista »
           A la suite du concile de Latran, les Toulousains  réagissent. Le jeune comte Raymond VII entreprend la reconquête de ses  terres. En juin 1216, la garnison française assiégée à Beaucaire se rend aux  Provençaux.

      Le 13 septembre 1217, le vieux comte Raymond VI sorti de  son exil espagnol entre en libérateur dans Toulouse. La garnison française  est aussitôt massacrée. L’armée croisée met le siège devant la ville.

      Au printemps 1218, toute la région se révolte. Le 25 juin,  tandis que la bataille fait rage, Simon de Montfort est tué par un boulet  lancé d’une pierrière manœuvré par des femmes.

      Pour venger la mort de son père, son fils Amaury fait  périr plus de 5.000 personnes à Marmande, en mai 1219, en présence du prince  Louis, fils de Philippe Auguste.

      L’armée croisée vaincue se disperse. L’année suivante voit  les Toulousains reconquérir peu à peu leurs terres.
     1224

          Armistice de Carcassonne
     La croisade elle aussi se meurt. Le fils de Simon de  Montfort, Amaury, qui avait succédé à son père, abandonne Carcassonne et ses  droits au roi de France et retourne en Ile-de-France.

      Partout, les seigneurs chassés par la croisade ou leurs  descendants reprennent possession de leurs terres. Raymond Trencavel, fils de  Raymond-Roger, reprend son fief.

      C’est également un répit pour la communauté cathare qui  réorganise maisons et évêchés. La noblesse accueille de nouveau les prêches  des parfaits ayant survécu aux bûchers. Evêques et diacres cathares ne sont  plus très nombreux mais leur omniprésence contribue à reconstituer le terreau  indispensable à leur foi. Au concile de Pieusse de 1225, un cinquième évêché  cathare est créé : le Razès.

      Un vieillard ne digère pas l’échec de la croisade :  Arnaud Amaury ; il fait appel au nouveau roi de France qui n’est plus  sans mesurer l’intérêt d’une éventuelle annexion du Languedoc (ouverture sur  le Sud et la Méditerranée).

     1225/1226

          Mort d’Arnaud-Amaury,  archevêque de Narbonne
     1226

          Croisade royale de Louis VIII

          Raymond VII jugé peu sûr par l’Eglise  est excommunié et ses domaines attribués au  roi de France : Louis VIII revient à la tête d’une armée. La prise  d’Avignon lui ouvre les portes des villes du Midi. Le pays découragé  s’effondre en quelques mois. Louis VIII meurt sur le chemin du retour.

      Apprenant le mort du roi et le jeune âge de l’héritier,  les seigneurs occitans font volte-face et entre en guerre contre les  garnisons laissées par le roi. N’ayant pas la supériorité des armes,  celles-ci vont se livrer au « dégât » : récoltes brûlées, vignes  et arbres arrachés, moulins et greniers détruits, bétail abattu, ...

      En 1227, Humbert de Beaujeu ravage les environs de  Toulouse pour affamer la population.

      Les Toulousains se battent avec courage, mais ne peuvent  rien faire contre la puissance conjuguée de l’Eglise et du roi de France.  Après 20 années de lutte, le pays est exsangue : il ne s’en remettra  jamais réellement. Son économie est ruinée, ses élites politiques et  intellectuelles décimées. La vie culturelle, économique et politique de  l’Occitanie est anéantie.

    Monument commemoratif à l'intérêt de 200 Cathars qui ont été brûlés à Montsegur

    1229-Début du XIVe Siècle, La Chasse aux Hérétiques
    Fin du Catharisme et d’une Occitanie indépendante

     1233-1235

          Début de l’Inquisition
     Début de l’Inquisition

          Les croisés maîtres du terrain, il reste à éliminer les  hérétiques. Pour exécuter cette tâche, l’Eglise se dote en 1231 d’un tribunal  spécialisé, l’Inquisition - ancêtre des polices politiques modernes. Celui-ci  est confié à l’ordre des Dominicains, fondé en 1215.

      Confiée à Toulouse aux mains de Guillaume Arnaud et Pierre  Sellan, le tribunal ouvre l’horreur au quotidien. Non seulement on brûle des  Parfaits et des Parfaites à pleines charettes, mais on exhume des cadavres à  dents de bûchers posthumes.

      En 1234, 210 personnes sont brûlées à Moissac sur l'ordre  des inquisiteurs.

      Fondant son enquête sur la délation systématisée et  assimilant confession et déposition, l’Inquisition fait régner suspicion et  terreur jusqu’au sein des familles. Elle parvient en quelques générations à  briser la solidarité qui protège les hérétiques clandestins.

      Pour les soustraire du monde, les « coupables »  sont emmurés (« le Mur ») ; les suspects doivent porter un  signe distinctif. Par cupidité, les inquisiteurs n’hésitent pas à faire des  procès aux morts afin de s’emparer de leurs biens. Ils iront jusqu’à déterrer  des cadavres pour les brûler.

      En 1235, les inquisiteurs sont expulsés de Toulouse sur  ordre du comte et des consuls.

      Les cathares entrent dans la clandestinité. Ils n’ont plus  le soutien des grands, leur hiérarchie est peu à peu désorganisée. Un siècle  plus tard cette église parallèle aura à peu près disparu. Dès 1232, Montségur  devient le siège de l’Eglise cathare.

     1240

          Dernier soulèvement du  Languedoc
     Sous la direction de Trencavel, fils du vaincu de  Carcassonne, une révolte de faydits éclate. Le siège de Carcassonne aboutit à  un échec. Trencavel s’enfuie en Espagne à l’arrivée des renforts royaux.

      Peyrepertuse se soumet à Jean de Beaumont.

      L’évêque cathare Guilhabert de Castres meurt à Montségur.
     1242

          Assassinat  d’inquisiteurs à Avignonnet
     Raymond VII se révolte contre le roi, puis se soumet.  Montségur est alors désignée à la vengeance du pape et de la royauté. Il  s’agit désormais de « décapiter l’hydre », selon Blanche de  Castille.
     1243-1244

          Siège de Montségur

      Fin théorique du catharisme
      En mai 1243, une armée de 6.000 hommes levée par le  sénéchal de Carcassonne Hughes des Arcis et placée sous l’autorité  « spirituelle » de l’archevêque de Narbonne Pierre Amiel prend  place au pied du pog de Montségur. Le castrum défendu par une centaine de  personnes tiendra jusqu’en mars 1244. Le 16 mars, 200 personnes sont brûlées  au pied du pog.

      Le catharisme n’a plus d’Eglise ; ses survivants sont  voués à tomber un à un. Les derniers Bons Hommes protégés par des bandes de  faydits armés mendient leur pain à la lisière des hameaux, consolant à grand  péril dans le secret des demeures.

      Le catharisme survivra en Italie jusqu’à la fin du 14e  siècle, en Bulgarie, Bosnie et Grèce jusqu’à la fin du 15e siècle  noyé par l’invasion turque.


     1247   Raymond VII fait brûler 90 cathares à Agen

     1249

          Mort de Raymond VII
     Son gendre Alphonse de Poitiers, frère de Saint-Louis,  devient comte de Toulouse. A la mort de ce dernier, le comté sera annexé par  le Couronne de France
     1255
     Prise du château de Quéribus, dernier refuge cathare
     1271 Le comté de Toulouse devient possession r
     A la mort d’Alphonse de Poitiers et de son épouse Jeanne,  les terres de Toulouse reviennent au roi de France.
     1300
    Révolte contre l’inquisition
     La population de Carcassonne, soutenue par le franciscain  Bernard Délicieux, se révolte contre l’Inquisition. Cette révolte se  terminera sur des alignements de pendus
     1300-1310

          Dernier souffle cathare
     Une petite équipe de Bons Hommes menée par Pierre Authié  tente de réimplanter une Eglise cathare dans le Midi ; ils finiront  brûlés devant la cathédrale de Toulouse en avril 1310..
     1321

          Mort sur le bûcher du  dernier parfait cathare
     Le jour où Guillaume Bélibaste  meurt sur le bûcher à Villerouge-Termenès, l’Eglise cathare est morte. Nul ne  pourra plus, en son nom, prétendre détenir et transmettre la tradition des  Apôtres.

     

    Les évêques et parfaits cathares

    Plus de 1.500 Parfaits et Parfaites furent brûlés sur les bûchers par l’inquisition ; parmi eux :Guilhabert de Castres, Bernard de Simore, Benoît de Termes, Bertrand d’En Marti, Bernard de la Mothe, Pierre Isarn (frère de G. de Castres), Raymond Agulher,

    Blanche de Laurac, Esclarmonde de Niort, Géralda de Lavaur, Esclarmonde de Foix, Corba de Péreille, Raymonde du Vivier.La dernière Eglise : Pierre et Guilhem Authié,Pierre d’Alairac.
    Tous les cathares sont montés sur les buchers avec courage , ils n'avaient aucune peur de la mort .

    Les inquisiteurs : Guillaume Arnaud,Pierre Sellan, Jacques Fournier (qui deviendra pape : Benoît XII), BernardGui, Bernard de Caux, Geoffroy d’Ablis, Renaud de Chartres, Jean deSaint-Pierre, Pierre Durand, Guillaume Raymard .

     Une plaque dédiée à Maurice MAGRE, écrivain et poète (fin XIXe, début XXe siècle) se trouve sur la gauche en montant le chemin d'accès. Difficiles à trouver, les oeuvres de Maurice Magre peuvent éclairer le chercheur passionné, en particulier avec «Le Sang de Toulouse» (1931) et «Le Trésor des Albigeois» (1938).