• Sorcières de Salem

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    Salem-Village est, en fait, un ensemble de fermes très éparpillées, avec seulement, au bord d'une route centrale, une meeting house en planches. Depuis 1689, le pasteur est Samuel Parris. Devenu pasteur sur le tard, aigri par la vie, il n'est pas du tout l'homme de la situation. C'est chez lui que Satan va se manifester. Parris avait ramené des îles Caraïbes une esclave indienne, Tituba. Durant l'hiver 1691-1692, rude et froid comme toujours en Nouvelle-Angleterre, celle-ci raconte à la fille du pasteur, Betty, à une jeune cousine, Abigail, et à quelques-unes de leurs amies, pour les distraire, des histoires de son pays. Un jour, elle se met à lire leur avenir dans une boule de cristal improvisée (un blanc d'oeuf cassé dans un verre) ; or la divination est strictement interdite dans la Bible. D'abord amusées, les petites filles prennent peu à peu conscience qu'elles commettent un péché très grave. Un jour l'une d'elles, regardant dans le verre, voit un cercueil à la place du visage de celui qu'elle devrait épouser plus tard. A partir de ce moment, les fillettes commencent à manifester des symptômes de possession, qui en réalité sont ceux d'une maladie : l'hystérie.

    L'affaire se répand très vite et a force d'être questionnées, les fillettes dénoncent l'indienne Tituba et deux autres femmes, Sarah Good et Sarah Osborne. Good répond au portrait type de la sorcière : vieille, sale, paresseuse et méchante. Sarah Osborne, elle, est une ' déviante ' qui ne va pas à l'église et a vécu un certain temps en concubinage avec un homme plus jeune qu'elle. En février 1692, une plainte est déposée à Salem contre les trois femmes.


    Le procès commence dès le début du mois de mars 1692 provoquant, pour la première fois, une vague d'arrestations.Les trois femmes sont interrogées publiquement, dans l'auberge de Salem devant tout le village. Si Sarah Good et Sarah Osborne nient farouchement avoir passé un contrat avec Satan, Tituba avoue avoir vu le diable, entendu ses promesses et s'être rendu sur un bâton à Boston pour assister à des réunions nocturnes avec d'autres femmes. Dès lors, les habitants de Salem sont convaincus qu'il s'agit d'un complot de Satan et de ses sorcières pour ruiner le Massachusetts.

    Le magistrat qui mène l'interrogatoire est le trisaïeul de Nathaniel Hawthorne (1804-1864), le grand romancier du XIXe siècle, auteur de La Lettre écarlate . Après l'arrestation des sorcières, la vie ne reprend pas son cours à Salem, car l'interrogatoire, qui dure trois jours, produit un effet de suggestion. Les habitants, et parmi eux de braves fermiers, ont des visions ; ils croient voir des bêtes entrer dans leur chambre, Sarah Good monter sur leur lit... D'étranges scènes de convulsions ont lieu. Dès lors, les accusations se multiplient : en quelques semaines soixante-dix suspects sont emprisonnés dans de très mauvaises conditions.



    Les accusés, qui n'ont pas d'avocat, sont jugés par un jury, comme en Angleterre. Lors de chaque interrogatoire, on fait venir les jeunes filles possédées - qu'on appelle les ' affligées ' - qui sont sujettes à des crises d'hystérie devant les jurés, ce qui a sur eux un effet dramatique. De plus, ceux-ci ont une si grande idée de Dieu, de sa puissance et de sa justice, qu'ils ne peuvent pas imaginer qu'Il puisse laisser Satan accuser des personnes innocentes.

    En outre, sir William Phips, le nouveau gouverneur royal, arrivé en mai 1692, au milieu des procès, est parti aussitôt combattre les Indiens, laissant toute l'affaire entre les mains de son lieutenant général, William Stoughton, un ancien pasteur, homme intègre mais dur et inflexible. Le résultat est catastrophique. Les condamnations sont prononcées beaucoup trop rapidement. Dans la plupart des cas, il n'y a pour preuve que des ragots et les crises d'hystérie collectives des ' affligées '. Les jurés ont recours à la ' preuve spectrale ', ce qui est une erreur dramatique : ils croient que Satan a pris possession de la personne qu'ils interrogent et que son spectre torture les ' affligées '.



    Très vite, dès l'automne, s'élèvent des protestations contre la manière dont se sont déroulés les procès. 

    Les pasteurs de Boston, dont Cotton Mather, commencent à s'inquiéter, d'autant plus que, parmi les suspects, il y a des notables au-dessus de tout soupçon. Ils écrivent aux magistrats. Entre-temps, le gouverneur Phips est revenu après avoir combattu les Indiens ; il est effrayé par le verdict. Il arrête immédiatement la procédure et demande conseil à des pasteurs, notamment à des calvinistes français, qui déclarent qu'on ne peut fonder un jugement sur la preuve spectrale. Aucun ne met en question le fait que Satan soit mêlé à cette affaire, mais ils laissent entendre que peut-être Satan, dans sa malignité, fait condamner des innocents. Les prisonniers restant sont libérés. Dès lors commence la période du repentir. Il y a d'abord la confession publique de certains magistrats, puis des jurés. Une lettre est lue en chaire dans les paroisses pour demander pardon publiquement aux prisonniers qui ont été libérés, ainsi qu'aux familles de ceux qui ont été exécutés.



    L'histoire des sorcières de Salem est-elle un drame puritain ?.C'est plutôt le drame de la peur et de l'ignorance. Le drame, aussi, d'une époque et d'une culture, celles de la Bible prise au pied de la lettre. Mais ce n'est pas parce qu'ils étaient puritains que les habitants de Salem se sont assez vite rendu compte, en faisant leur examen de conscience, qu'ils allaient sur une mauvaise voie et qu'ils ont publiquement demandé pardon. Ce drame occupe une place très importante dans l'histoire américaine. Pour une majorité d'Américains, c'est le drame de l'intolérance.

    C'est a croire et à constater que la race humaine est bien bête et méchante..Un cas parmi tant d'autres qui aurait trés bien pu être évité.Et je pense que sorcellerie ou pas , tout individu a des droits : la liberté de penser , de croire en ce qu'il veut, d'avoir foi en ce qu'il a choisi,de pratiquer ce qu'il veut , de dire ce qu'il veut.A tout à chacun ces choix personnels ,de mener sa vie comme il l'entend, tant pis pour ceux qui en usent pour faire mal et tant mieux à ceux qui en usent pour le bien .

    http://p.vtourist.com/1392636-Broad_Street_Cemetry-Salem.jpg


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