• Sorcellerie

    "L'humanité déploie une ingéniosité admirable dans l'art d'inventer de faux problèmes pour n'avoir pas à affronter et résoudre les vrais, combattant les hérésies plutôt que la disette ou les famines, chassant les sorcières plutôt que combattant la peste, persécutant les juifs plutôt que desserrant les pièges de l'économie."
    (Claude Roy / 1915-1997 / L'ami lointain)

     

    On appelle ainsi de pratiques fondées sur l'invocation et la  manipulation de forces surnaturelles. Il est assez difficile de distinguer la sorcellerie de la magie. Toutefois, on peut dire que la magie a pour but, en général, de soumettre les puissances supérieures à la volonté de l'humain; la sorcellerie vise particulièrement à amener l'intervention des génies malfaisants ou bienveillants , j'insiste sur ce point car tout n'est pas tout noir dans la sorcellerie ! ces génies interviennent plus spécialement dans les cas de demandes  pour des sortilèges destinés surtout à produire la malchance, la poisse .. l'amour où détruire l'amour entre deux personnes..Dans les campagnes, la sorcellerie consistait surtout à jeter des « sorts » ou des «charmes » sur les bestiaux, sur les fermes, sur les champs. Le sort le plus connu est celui que l'on nommait l'aiguillette et qui consistait à empêcher  un fiancé , un mari  de remplir ses devoirs conjugaux. Un sort très célèbre est aussi l'envoûtement. On jetait des sorts aux maisons en battant l'eau avec une baguette, avec accompagnement de formules rituelles, on jetait des sorts à la terre en confectionnant ce que l'on appelait des bruines avec des feuilles d'arbre ensorcelées, que l'on répandait sur le sol pour leur enlever tout principe de végétation, toute humidité et toute chaleur, etc. Les sorciers et sorcières eux-mêmes ajoutaient souvent foi à ces pratiques. De nos jours encore, dans les campagnes comme dans les villes, ces croyances ne sont pas complètement éteintes et qui n'a jamais été ou alors penser a aller voir un(e) guérisseur (sseuse)ou autres ?. Un geste , des paroles.. ,ou juste ce pouvoir de penser de leurs parts  et boum quelque chose vous tombes sur la tête ...où alors ils et elles vous aident bien volontier.

    C'est en Thessalie, aussi loin que les documents permettent de remonter, que doit être placé le berceau de la sorcellerie, telle qu'on la connaît dans le monde occidental. De Thessalie, la sorcellerie se propagea dans la Grèce proprement dite, où elle prit le nom de goétie : ( là oui la goétie n'est pas une bonne sorcellerie )et recula les limites de cet art infernal, dans lequel les poisons jouèrent le principal rôle. Rome connut à son tour les philtres, les envoûtements et les évocations de la sorcellerie, où ses pratiques ténébreuses et criminelles furent couvertes dans les laboratoires secrets sous la dénomination de mathématiques, tandis que les réunions nocturnes de ses adeptes avaient lieu dans les cavernes du mont Esquilin. Dès les premiers temps de la propagation du christianisme, la sorcellerie se spécialisa dans la démonialité. Satan ou Belzébuth fut l'objet d'un nouveau culte mystérieux, et la sorcellerie inaugura le pacte avec le Diable. C'est alors que furent instituées les réunions nocturnes du sabbat, présidées par Satan sous la forme d'un bouc monstrueux, lors desquelles avaient lieu toutes les profanations, toutes les orgies et les pratiques criminelles qui se perpétuèrent jusqu'au Moyen âge.

    Les principales pratiques de la sorcellerie consistaient soit disant à signer un pacte avec le Diable, par lequel le sorcier lui livrait son âme pour l'éternité en échange d'une délégation temporaire de son pouvoir malfaisant; en la préparation de philtres amoureux, de breuvages mortels, d'onguents étranges, selon des recettes et des formules macabres et souvent horribles; dans l'évocation des morts, dans des scènes d'une lubricité exacerbée, où les adeptes commerçaient charnellement avec les incubes et les succubes; dans les incantations, les envoûtements, les sorts et les maléfices, dont les formules composaient, des grimoires mystérieux, etc. Voilà  les croyances des superstitieux..

    L'une des pratiques les plus horribles de la sorcellerie est la messe noire, qui alliait les cérémonies du culte aux pratiques de la magie. Au moment de l'offertoire, un sacrifice y est fait et le sang versé dans un calice. Ces messes étaient généralement dites pour l'amour, et l'officiant célébrait sur le corps nu de l'intéressée. A côté de pratiques telles que les poisons et les avortements, les sorcières distribuaient aussi des recettes efficaces pour provoquer les maladies. Paracelse, le grand médecin de la Renaissance, après avoir jeté au feu tous les livres de médecine de son temps, déclare que c'est des sorcières qu'il a appris tout ce qu'il sait de pratique et de bienfaisant. Néanmoins, Michelet, en traçant le portrait de la sorcière, en a fait un tableau indulgent.


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