• Le Diable chez les religieuses......

     

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    Chateau d'Auxonne , belle région qu'est la Bourgogne...

    Le Diable au couvent
     
     
    Hystérie au couvent : les ursulines ont le diable au corps  
     
    La France connaît au XVIIe siècle plusieurs affaires retentissantes de possession diabolique, en particulier à Aix, à Loudun, à Louviers et à Auxonne. Ces affaires sont très différentes des procès de sorcellerie rurale. Elles se produisent toutes en ville, pas à la campagne. Il s'agit de la possession diabolique de religieuses du même ordre (les ursulines), toutes jeunes et de bonnes familles. Elles sont donc, malgré elles, les victimes d'un sorcier, le plus souvent de sexe masculin, et aucunement elles-mêmes des sorcières ; d'ailleurs, elles ne sont pas marquées sur leur corps et ne participent pas au sabbat. Pour les délivrer de leurs démons, elles sont exorcisées sans succès, du moins au début, pendant plusieurs années. Les exorcismes sont spectaculaires et se déroulent avec un grand concours de spectateurs. Le tout est accompagné d'accusations de sorcellerie portées contre des habitants de la ville.

    L'affaire des possédées d'Auxonne, une petite ville située sur la Saône, à la frontière entre la Bourgogne et la Franche-Comté (alors espagnole), participe de cette série. La Bourgogne avait connu en 1644, comme la Franche-Comté, une épidémie de sorcellerie rurale, mais l'affaire des possédées d'Auxonne, qui survient une dizaine d'années plus tard, est d'une autre nature : c'est la dernière des grandes affaires de possession diabolique urbaine dans la France moderne. La seule différence avec les affaires précédentes concerne la personnalité du responsable désigné : ici une religieuse sorcière, nommée Barbe Buvée, ailleurs des prêtres sorciers, comme Urbain Grandier à Loudun.

    Les faits sont les suivants. En 1658, une quinzaine de religieuses du couvent des ursulines d'Auxonne, dont plusieurs novices, se disent hantées par les démons. La situation des religieuses possédées (nommées « énergumènes »), comme les nombreux exorcismes réalisés au couvent par les aumôniers, sont d'abord secrets. C'est seulement en 1660 que les habitants de la ville d'Auxonne apprennent la réalité des possessions, au moment même où l'épidémie s'étend hors des murs du couvent et touche des habitants de la ville. Des exorcismes publics ont lieu dans l'église paroissiale, des femmes laïques sont condamnées au bannissement par les juges locaux, et deux d'entre elles, prises pour des sorcières, sont même massacrées par la population.
    Loudun

    Les religieuses possédées présentent les symptômes habituels de l'hystérie, telle que la décrira Charcot longtemps après. Elles parcourent toute la gamme de ses troubles psychiques, depuis la forme la plus atténuée jusqu'à la plus sévère. Au début, il s'agit de vomissements de corps étrangers, pris pour des sorts diaboliques par les spectateurs - en fait, il ne pouvait s'agir que d'objets avalés par elles sous l'influence simultanée d'une dépravation du goût, souvent constatée chez les hystériques, et d'un intense besoin de mystification -, de contorsions corporelles et de délires érotiques, évidemment liés, et de l'adoption ou de l'invention de pauses physiques spectaculaires. Ensuite, lorsque l'épidémie atteint son plein développement, la suggestion et l'autosuggestion, ainsi que l'imitation des unes par les autres, accentuent les phénomènes caractéristiques de la névrose hystérique, en particulier lors des exorcismes. Dans ces circonstances, les attitudes sont violentes et spectaculaires : corps en arc, avec cris et hurlements, suivis de délires avec imprécations et blasphèmes, pendant lesquels ont lieu les interrogatoires, puis d'excentricités, comme des courses dans l'église ou des sauts sur l'autel, ou parfois, à l'inverse, des comportements à caractère léthargique, avec délire zoopsique. L'ensemble s'accompagne d'anesthésie, parfois même de thermo-anesthésie, et aussi parfois de cessation de battement du pouls, consécutive à la suggestion qui accompagne l'injonction de l'exorciste. Il se produit aussi des contractures diverses, qui persistent parfois après l'attaque hystérique pendant plusieurs heures, ainsi que des perturbations de l'innervation vasomotrice, d'où le non-écoulement du sang à l'occasion des saignées.
    En octobre 1660, l'une des religieuses du couvent, Barbe Buvée, nommée en religion soeur de Sainte-Colombe, beaucoup plus âgée que les religieuses possédées, est présentée par la mère supérieure comme la responsable de ces possessions. Accusée publiquement, lors d'une cérémonie religieuse, d'apostasie, de magie, de sortilège et d'infanticide, elle est victime de violences de la part d'autres religieuses et mise aux fers dans la prison du couvent. A la demande de la famille de Barbe Buvée, et constatant des irrégularités procédurières, le parlement de Dijon intervient alors : une commission d'enquête judiciaire, dirigée par le conseiller Legoux, se rend à Auxonne, constitue une commission d'enquête ecclésiastique, procède à de nombreux interrogatoires, fait réaliser des expertises et conclut à la fausseté des possessions ; le parlement ordonne la libération de Barbe Buvée. Dans le même temps, le spectacle des exorcismes attire un vaste public, venu de tout le royaume, dans l'église d'Auxonne. Une nouvelle commission d'enquête, décidée par le parlement de Paris à la demande de la municipalité, persuadée de la réalité des possessions, aboutit alors à la conclusion inverse de la commission précédente, tandis que le parlement de Dijon réhabilite officiellement Barbe Buvée et que l'intendant de la généralité, Bouchu, qui envoie à son tour deux nouvelles commissions d'enquête, conclut successivement à l'absence de possessions, puis à leur réalité. Tout porte à croire que ces rebondissements et ces dissensions s'expliquent pour une bonne part par les rivalités qui opposent diverses familles puissantes de la ville d'Auxonne, ainsi que par l'opposition entre l'intendant et le parlement. Le dossier est finalement confié de nouveau au parlement de Paris, qui préfère enterrer l'affaire. L'épidémie de possessions ne tarde pas alors à se calmer, les religieuses ayant été transférées dans d'autres couvents et les exorcismes ayant cessé.
      
     
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    Urbain Grandier (v. 1590, Bouère (Mayenne) - 18 avril 1634, Loudun) était un prêtre français, fils d'un notaire royal de Sablé. Il fut accusé de sorcellerie et mourut sur le bûcher.
    Grandier était attaché à l'église Sainte-Croix de Loudun, dans le diocèse de Poitiers. Il semble avoir eu plusieurs relations sexuelles et affectives avec des femmes et avait acquis une réputation de séducteur. En 1632, quelques religieuses du couvent des Ursulines de la ville l'accusèrent de les avoir ensorcelées, en leur envoyant entre autres le démon Asmodée, pour les amener à commettre des actes impudiques avec lui. Les critiques modernes qui ont étudié l'affaire estiment que les accusations ont commencé après que Grandier eut refusé de devenir le directeur de conscience du monastère, sans se douter que la Mère Supérieure, la Sœur Jeanne des Anges, était devenue folle de lui, après l'avoir vu de loin et avoir entendu parler de ses exploits amoureux. On pense que Jeanne, mise hors d'elle par son refus, proposa au chanoine Mignon, ennemi juré de Grandier, cette place de directeur. Elle accusa alors Grandier d'avoir employé la magie noire pour la séduire. Les autres nonnes peu à peu se mirent à lancer des accusations du même genre. Bien des érudits modernes y voient un cas d'hystérie collective. Grandier fut arrêté, interrogé et jugé par un tribunal ecclésiastique, qui l'acquitta.

    Malheureusement pour lui, Grandier s'était attiré l'hostilité du puissant Cardinal de Richelieu qu'il avait publiquement attaqué en parole. Richelieu ordonna qu'on fît un nouveau procès, qu'il confia à un homme spécialement envoyé par lui : Jean de Laubardemont, un parent de la Mère Supérieure. Grandier fut arrêté de nouveau à Angers et on lui refusa le droit de faire appel au Parlement de Paris. Interrogées une deuxième fois, les nonnes (et même la Mère Supérieur) ne répétèrent pas leurs accusations, mais cela ne changea rien au procès où tout était décidé d'avance.
    Les juges (Laubardemont, Lactance, et Tranquille), après avoir torturé le prêtre, produisirent des documents prétendument signés par Grandier et plusieurs démons comme la preuve qu'il avait passé un pacte diabolique. Un des actes était écrit en latin et se donnait comme signé par Grandier ; un autre, presque illisible, comportait une foule de symboles étranges et était « signé » par plusieurs démons avec leurs cachets, aussi bien que par Satan lui-même (une signature se lit nettement Satanas). On ne sait pas si Grandier a écrit ou signé de tels actes sous la contrainte, ou s'ils ont été entièrement contrefaits.
    Malgré la défense de son ami Claude Quillet, Grandier fut reconnu coupable et condamné à la mort. Les juges ordonnèrent sa mise à la « question extraordinaire », forme de torture qui était d'habitude fatale, mais non tout de suite, et qui n'était donc appliquée qu'aux victimes qui devaient être exécutés
    tout de suite après. Malgré la torture, Grandier refusa d’avouer ce dont on l'accusait. Il fut brûlé vif.

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